Vital Randoms

Le blog de Simon Talvard-Balland

Anarchie et Internet: je n’y crois plus

Posted on | novembre 11, 2008 |

“L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir”
Théoriquement, il faut bien dire pourtant que l’on ne sait plus trop de quoi on parle. Les mouvements du XIXe siècle se sont intellectualisés à outrance, empruntant un peu de tout partout, de l’anomie de Durkheim qui m’a valu un piètre 12 en sociologie en deuxième année de Science Po aux manifestations post-punk-crado (on croit rêver) qu’on peut observer lors de nombres festivals de théâtre de rue. Mais ça n’est pas mon propos.
Bruce Sterling a l’âge de mes parents, et c’est presque étonnant que ce cyberpunk ne se soit pas encore fait écarteler par les Oprichniks de Sorokine. Mais il faut dire qu’en 1993 j’avais 8 ans et le monde n’était pas exactement le même. Internet était selon lui “a rare example of a true, modern, functional anarchy”.
Finalement c’etait pas mal vu. Un peu utopique mais pas idiot. Enfin, du moins dans le sens ou l’extension du web pouvait se faire et s’est fait sans réel contrôle du contenu et des réseaux. Mais, soyons lyrique, le vers était mort dans la pomme.
Selon Gordon Graham, de l’Université d’Aberdeen, internet est un médium, voir un monde parallèle, à la fois internationaliste et populaire, terrain idéal pour fomenter des complots terroristes et relancer une Rote Armee Faktion. Il se heurte pourtant a un obstacle infranchissable, un peu a la manière de Descartes qui avait oublie de douter de l’existence de dieu (le con).

Internet est contrôlé en totalité. Dommage hein. Un excellent billet de Jean-Marie le Ray faisait état cet été de la mainmise des États-Unis d’Amérique, le pays ou tout est possible, sur la gouvernance du réseau.
D’une part il est impossible de rester anonyme en ligne, a moins de sauter de cybercafé en cybercafé, de ne jamais retourner dans le même et de ne pas être reconnu par le mec au bar.
D’autre part, pour créer un site internet il faut passer par un intermédiaire payant ou gratuit, et les extensions .fr .com .gov etc sont en location (en quelque sorte).

Pour tisser une toile de l’anarchie on repassera donc.

C’est de pire en pire pour les enfants de Léo Ferré. La campagne présidentielle américaine a montré que l’on peut gérer a la perfection sa web-réputation, certains bloggeurs ont vendu leur âme sont devenus professionnels, tout le bordel est foutu en vrac mais classé dans des cartons fermé dans des tiroires immateriels, et même si de faux hommes politiques attaquent Twitter et que c’est drôle, tout est finalement récupéré, parce que internet est avant tout… un espace de pub et de marketing, ou pour paraphraser un autre Léo, le lieu d’expression de “la science du marketing”. On ne peut plus rien laisser au hasard.

Ou alors on fait de l’anarchie publicitaire. Appelez moi Beigbeder!

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