La web stratégie à moyen terme de Barack Obama
Posted on | décembre 10, 2008 |
Monsieur le president elected travaille toujours, et cette période est assez particulière pour son équipe du fait qu’elle n’a plus les moyens de communication qu’elle contrôlait de main de maitre pendant la campagne, et pas encore ceux réservés aux dépositaires du pouvoir en place. Du coup impossible de prendre un rendez vous avec Barack, même si tu es président ou responsable de l’Opep, il ne reçoit personne. Que dalle. Il s’est d’ailleurs payé le luxe de snober le G20 mi novembre, uniquement pour ne pas risquer une exposition médiatique sans être sur d’en contrôler les retombées.
Pourtant sur internet il est toujours présent. Toujours actif. Si on se souvient que le budget de sa communication en ligne a approché les 8 millions de dollars, ça se comprend. Les vecteurs de communication ont simplement été recentrés.
- Son Twitter n’est plus updaté depuis le 5 Novembre, 2:35pm, mais reste le plus suivi de la twittosphère avec presque 146 000 followers (le nombre baisse évidemment de jour en jour)
- Sa page Facebook a eu droit à une dernière note le 10 Novembre, intitulée Thank You. Depuis c’est les 3 370 000 fans qui ont pris le relais de la conversation par le wall notamment.
- MyBarackObama et BarackObama.com sont en friche. C’était après tout des instruments de la campagne. Il reste un relais redirect vers le formulaires de donnation. L’argent est le nerf de la guerre, et c’est certainement un des chefs d’oeuvre de sa strategie en ligne.
Quelles ont été et quelles sont les différentes étapes?
- Mobiliser toutes les forces individuelles et locales. Thibaut dirait même “changer sa façon de penser”. Sans demander forcement beaucoup. Ce sont les petits donneurs, les personnes qui ont initié des meetings ou qui y ont simplement participé qui ont fait la campagne. En ligne, la création d’une communauté hub reliée aux autres communautés du web était le point de centralisation des activités (MyBarackObama récompensait ses utilisateurs par un système de point, ajoutant un cote ludique a la course au pouvoir).
- Récolter de l’argent, beaucoup d’argent, des dons. Tout en ligne finissait par nous conduire à une action “donate now“. On peut toujours acheter des tee-shirts, des mugs, des cadeaux souvenir… il y a mille façons de donner a Obama en ligne. Et récolter de l’argent rapportait des points sur le reseau social!
- Générer des votes. Des applications web pour trouver le bureau le plus approprié pour soi-même et ses proche, la possibilité d’inviter ses amis à aller voter dans un bureau donné… Tout était fait en ligne pour simpliciter les démarche et ça a payé: un taux d’abstention très bas pour les États-Unis.
- Préparer le futur.
C’est ici qu’on retrouve le president elected aujourd’hui. Relativement discret, sur Change.gov. J’ai entendu beaucoup de personnes râler sur le manque d’ambition du site, sur sa dimension moins sociale que MyBarackObama. Pourtant sur ce gros blog bien construit, l’équipe de Barack poste des articles plusieurs fois par jour. L’énergie, le climat, le futur gouvernement, l’économie, la santé… Tous les sujets de société y passent, et la discussion continue, moins rapide que sur un reseau social certes, mais au rythme voulu. Ceux qui ont quelque chose a dire peuvent remplir un petit formulaire pour poser des questions, partager une certaine vision du pays, raconter son histoire. Contribuer à sa manière à écrire l’Histoire.
Barack Obama a construit sa campagne autour du mot Hope, et sa stratégie en ligne a dynamisé le monde du web pendant près de deux ans. On pourrait penser que cette dernière est entrée dans sa phase de chrysalide, et j’espère qu’en Janvier 2009 elle deviendra le plus beau papillon qui ait jamais existé sur la toile. Mon espoir à moi.
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