Vital Randoms

Le blog de Simon Talvard-Balland

Migration des points de vues sur le conflit Israëlo-Palestinien

Posted on | janvier 5, 2009 |

Les questions liées au proche orient sont surement celles sur lesquelles mon opinion a le plus évolué dans les six dernières années. Comme tout bon français qui se doit, j’avais été marqué par un Jacques Chirac repoussant les soldats israéliens pour serrer quelques mains palestiniennes « au péril de sa vie », encore plus par l’enfant armé d’une pierre devant la mitraillette qui, elle, ne parle ni arabe ni hébreux.

J’étais donc résolument pro arabe, sans être profondément anti israélien non plus.

Mais j’en voulais quand même aux sionistes d’avoir parlé de « terre sans peuple », d’avoir fait fonder Tel-Aviv en dehors de Jaffa. J’en voulais à la communauté internationale d’avoir créé Israël sous la pression d’un bien connu Lobby judéo-maçonnique. Alala.
J’aurais tout aussi bien pu en vouloir aux chapeaux jaunes ou aux ghettos ashkénazes mais tout cela me semblait trop loin. L’affaire Dreyfus n’était pour moi qu’un spectacle de moustaches, et tous les juifs de la même origine nord africaine/sud espagnole que Serge Benhamou.

Et puis l’on m’a fait replacer les choses dans leur contexte : un déséquilibre diasporique au lendemain de la Shoa, une dette morale du monde, des pressions politiques, une décolonisation trop rapide peut être dans la région, la menace communiste éventuellement… tant de choses qui cinquante ans plus tard ne sont plus des points de départs valables pour un grand débat de valeurs.
Pas plus que l’histoire plus récente, de la première attaque des pays arabes aux grandes manœuvres d’encerclement d’Ariel Sharon pendant la guerre de Kippour. Car si un jour Israël perd une guerre, le pays n’existe plus. Déjà qu’au niveau démographique les juif ont du souci à se faire, moins que les blonds certes, mais les arabes israéliens font plus de bébés c’est tout: dans quelques années il y aura plus d’arabes israéliens que de juifs en Israël.

Il parait que depuis les années 90 les choses ontchangé, et qu’on est passé plusieurs fois très proche d’une sorte de paix durable. Mais il y a toujours un vieux gâteux pour monter sur l’esplanade des mosquées ou un petit con pour accrocher un gros pétard à deux morceaux de bois et le projeter sur la maison du voisin.

Dans le discours médiatique et dans les manifestations visibles de l’opinion publique, il semble que les choses ont par contre beaucoup évoluées par rapport au temps où mes cheveux étaient bouclés et où je sirotais un biberon au soleil dans une grenouillère bleu ciel. D’abord parce que le Hamas, aussi démocratique qu’il soit, est contrôlé par des terroristes dont le jeu principal est de lancer des roquettes fournies par l’Iran ou la Syrie au pif au mètre en direction de la ville juive la plus proche (a quelques kilomètres prés vue les moyens aléatoires utilisés pour lancer le tube qui fait boum). Le Hamas qui n’a pas d’armée, mais des sympathisants qui vont de temps en temps en vacance chez des barbus. Les barbus qui n’ont pas bonne presse dans nos contrées occidentales. Ou alors une légère barbe douce qui casse le cote baby face. Mais je m’égare. Ensuite parce que la voix et le point de vue des israélien se fait mieux entendre a mes oreilles aux États-Unis qu’en France et oh surprise : ils ne sont pas tous de mauvaise foi.

Il y a quelques années c’était difficile d’imaginer ce qui a pourtant eu lieu hier : une manifestation pro israélienne dans Paris, avec comme tête de file Enrico Macias (qui n’a plus toute sa tête le pauvre, en plus il vient d’une famille juive séfarade algérienne, bonjour l’indépendance d’esprit). Son poids médiatique a été amplifié par le fait que la contre protestation pro-gaza a dégénéré sur le boulevard Hausman, avec des vitrines brisées, des voitures brulées, comme dans stress de Justice, par des petits racailleux qui se prennent pour des stars Athéniennes.

En d’autre termes on est en train de passer du message :

Palestinien = gentil gamin avec un caillou
Israélien = Méchant avec un char qui roule sur les enfants

vers

Arabe = ado de banlieue qui crame mes poubelles
Israélien = Citoyen excédé qui va foutre une bonne raclée au gamin une fois pour toutes

… tout cela dans la tête de la ménagère de moins de 50 ans (ou plus).

Mais les gens intelligents continuent de parler dans le même registre :

Untel poste sur Twitter: question: how do you explain so many people demonstrate support to hamas but still are satisfied in seeing this miserable state when no war?
UnAutreTel se statufacebooke: NIKEZ VOS MERES CONNARDS D ISRAELIENS !

D’un point de vie personnel, je me désole de voir des charrettes exploser en même temps que deux petites filles, je me désole de voir les forces politiques de gauche utiliser l’armée pour montrer à l’opinion publique qu’ils ne sont pas plus mous que le Likoud, je me désole de voir que l’on retrouve des roquettes pointées sur Israël depuis le sud Liban, a 500 metres du poste d’observation des Nations Unies… tout ca a cause de deux cons à gauche trois cons à droites qui arrivent a avoir une force de persuasion telle qu’ils sont chacun suivis par tous les Jackies de la region et par le monde occidental, dans les banlieues comme chez les Macias.

Ce qui me fait toujours rire avec le conflit Israélo-palestiniens c’est quand les gens parlent de guerre sans frein, même si la circoncision ne concerne que le prépuce, mais la seule chose que je n’ai jamais su comprendre c’est comment des gens peuvent se battre pour un morceau de désert et trois mines de sel, depuis bien avant la première croisade.

En même temps je n’ai jamais compris comment on avait pu créer une ville sous la pluie dans un bassin parisien ou un pays sous la mer entre Amsterdam et Rotterdam…

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