La théorie des complots
Posted on | février 19, 2009 |
Le monde a changé. Peut-être plus vite que prévu, ou peut-être est-ce juste que l’on a oublié qu’il évoluait sans cesse et que la réalité nous éclate aujourd’hui à la figure.

Autrefois, il y a seulement quelques années, un jeune adulte devait faire attention à sa réputation, le monde est petit, que vont dire les voisins. Aujourd’hui il a parallèlement une vie en ligne, qui ne s’éteint pas avec l’ordinateur; et le corolaire de cette existence connectée mais réelle, ce sont les traces qu’ils laisse et cette fameuse web-réputation.
Comme le souligne Susan Kuchinskas, le contenu sur internet ne s’efface jamais. Les paroles s’envolent mais les écrits restent. Faut il pour autant avoir peur d’un fantasmatique policier brun qui hurle “tout ce que vous avez dit va pouvoir être utilisé contre vous”? Je ne le crois pas.
Certes la CIA écoute tout, trop même, elle est submergée d’info sans avoir les moyens techniques de les traiter. Certes certaines personnes se font avoir, virés de Michelin pour avoir insulté l’entreprise, tuée par son ex-mari pour un statut Facebook. Mais cette violence sociale insupportable pour nos sociétés occidentales modernes est totalement indépendante du phénomène web, regardez les faits divers: assassiné d’un coup de couteau pour un regard de travers dans la rue, virée pour avoir traité sa DRH de grosse vache à la machine à café… Les règles du jeu n’ont pas changées, de nouveaux territoires d’expressions on seulement été ajoutés et il faut les prendre en compte.
Lorsque Jeremie Berrebi traite la plèbe d’hypocrites parce qu’elle refuse les nouvelles conditions d’utilisation de Facebook, il se trompe de combat et s’emporte un peu. Ces maintenant anciennes nouvelles conditions rendaient pourtant le jeu plus clair et moins hypocrite puisque Facebook utilise déjà les données de ses utilisateurs dans son service d’advertising, même s’il ne communique pas sa base de donnée (pourquoi le faire, c’est toute la valeur de l’entreprise) et quand a les conserver, ce n’est qu’un énoncé de la quasi impossibilité technique de toutes les effacer: le contenu est trop dispersé (dans les messages, les tags, les comments, les “like”, les photos..)
Mais les théories du complots ont encore de beaux jours devant elles: le grand méchant Google, la conspiration Facebook, le meurtre de Brandon Lee… font vendre de l’audimat au journal de la République. Pourtant si le monde en ligne n’existait pas, je pourrais toujours te suivre pendant quelques jour et savoir ou tu habite, qui tu frequentes, ce que tu manges et certains de tes secrets honteux. Que tu te gratte le nez au feu rouge et que tu regardes Gossip Girl en secret quand ta copine s’est endormie. Tout n’est qu’une question de moyens.
Les internautes ne sont pas hypocrites, c’est juste l’intelligence collective qui n’est pas encore au point. Paraphrasant Pierre Desproges je rappelais que “quand on est plus de quatre on est une bande de cons. A fortiori, moins de deux, c’est l’idéal”. Non?
Tags: aujourd'hui > intenet > reputation > Social media > Web
Comments
One Response to “La théorie des complots”
février 20th, 2009 @ 12 h 35 min
L’homme a peur du changement. Et pour se rassurer on met en place des théories de complots.
Tous ce que je vois c’est que facebook ou google m’apporte des services qui me font gagner beaucoup de temps et un confort d’utilisation.
Et le gain de temps c’est ce qui m’importe.