Travaille-t-on plus outre atlantique?
Posted on | octobre 28, 2009 |
Ce billet, je l’ai promis depuis longtemps, et il a besoin de vos commentaires pour évoluer.
Aidez-moi à comprendre.
Le fait est qu’on ne gère pas son emploi du temps professionnel de la même manière en France et aux États Unis, ni d’ailleurs à Paris et en Province. Et c’est encore différent lorsque l’on est dans une entreprise globale.
Depuis un an et demi que j’ai rejoins cette dernière catégorie, j’ai pu observer les différences. Voici en gros mes horaires lorsque je suis a New York, et ceux dans la capitale de l’hexagone :
New York : 8h par jour, 39h par semaine, 1872 heures par an (avec 4 semaines de vacances)
J’arrive au bureau vers 9h le matin, parfois un peu plus tôt, presque jamais plus tard (sauf accident). Entre 8h et 9h30 tous mes collègues ou presque se sont installés, le café est bu.
Je rentre chez moi à partir de 17h. Souvent un peu plus tard, mais dans tous les cas, le bureau est vide au 9/10e à 18h30. Je ne prends pas de pause déjeunera à proprement parler, une demi heure maximum pour manger mes tacos en discutant du World Series.
Je travaille moins le Vendredi. Souvent, comme beaucoup, je reste même chez moi, utilisant cette merveilleuse invention qu’est la connexion à distance, ce qui me permet de soigner en douceur mon mal de tête consécutif aux durs jeudis soir et de faire sécher mon vernis à ongles. Cette situation tend à se raréfier, mais ces Casual Fridays sont souvent finis vers 16h, et je ne parle pas en mon nom propre.
Paris : 9h par jour, 45h par semaine, 2070 heures par an (avec 6 semaines de vacances)
Entre Mai et Octobre 2009. Je n’arrive pas au bureau avant 9h30. 10h c’est tard, 9h, c’est trop tôt. Un seul de mes collègues est toujours sur place avant. Malgré tout, je prends toujours une petite pause-déjeuner entre 13h et 14h, enfin, la plupart du temps comme les autres occupants du 11e étage. L’après midi s’avère pourtant interminable, et la pression inhérente à l’open space me force à rester sur mon siège jusqu’à 18-19h, dans le meilleurs des cas…
Le vendredi est un jour comme un autre, et je m’efforce de travailler à distance ce jour là, de toutes façons j’explose déjà mes 35 heures hebdomadaires le jeudi soir.
Bien sur dans les deux bureaux il y a les coups de bourre, les coups de mou. Mais comment explique-t-on cette légendaire « douceur » de vivre toute française quand mes soirées de loisir sont en moyenne 100% plus longues sur Manhattan ? J’ai une hypothèse de comptoir qui n’engage que moi:
la France sous couvert de 6 semaines de vacances par ans (contre entre 2 et 4 aux US) en devient plus rigide : laisser de la souplesse aux employés (dans mes observations, il s’agit majoritairement de cadres) c’est dans l’imaginaire collectif la porte ouverte à toutes les fenêtres non ? Le pire c’est qu’il me semble que ce soient ceux même qui s’imposent cette pression, à part peut être chez France Télécom, mais c’est un autre débat…
En même temps, j’ai ouïe dire qu’un Notaire employé par une firme internationale travaille dans le sud de la France toutes les nuits entre 3 et 9h du matin. Le reste du temps, il retape une vieille bâtisse, et quelque part, je trouve ça beau.
Comments
One Response to “Travaille-t-on plus outre atlantique?”
octobre 29th, 2009 @ 9 h 15 min
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