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Le blog de Simon Talvard-Balland

Le prix de l’absence de culture, Pertuis 84120

Posted on | décembre 15, 2009 |

Note : ce blog au trafic plus que modeste accueille aujourd’hui un pamphlet politique. Pourquoi ? Parce que bien qu’aux États-Unis depuis plus d’un an et demi, je refuse de voir la France, ma France, s’enfoncer dans un marasme culturel. Parce que sans culture il n’y a pas d’innovation, pas de croissance, pas de discussion, pas de bonheur au quotidien, voici une brève histoire de Pertuis, la ville dans laquelle je suis né, il y a 24 ans et des brouettes. Merci de la faire voyager, elle a certainement plus d’une analogie avec de nombreuses autres communes.

Pertuis est une petite ville de Provence dont l’histoire se résume en quelques étapes.

Au moyen âge, sa position stratégique sur la route des Alpes lui permettait de prélever un droit de passage de la Durance pour ceux qui venaient depuis Dignes ou Manosque vers Aix et Marseille. Certains s’y arrêtaient aussi parfois le temps d’une nuit avant de rejoindre Avignon, la cité des Papes. De cette première vie lucrative bien que peu glorieuse dans l’ombre des villes environnantes, Pertuis garde en mémoire qu’elle se mit a produire des pommes de terres renommées dans les alluvions de la rivière de Bosco, avant que celle-ci ne soit domestiquée. Villelaure produit bien des artichauts violets.

Puis le monde moderne est arrivé et avec lui de nouveaux problèmes. Si la ville prospéra grâce au commerce, au développement du Pays d’Aigues (notamment l’élevage des vers a soie) et à son soutien sans faille à la couronne dans la persécution des Vaudois, le XIXe siècle est plus complexe. Un pont suspendu est construit sur la Durance, puis une ligne de chemin de fer. La ville se gausse de son usine électrique dernier cri en 1887. Lorsque la Durance se calme presque définitivement grâce au barrage de Serre Ponçons en 1952, il est fait table rase du passé.

Car la petite bourgade est une zone franche un peu particulière. Coupée du Vaucluse par le Luberon, des Bouches du Rhône par la large rivière, un certain nombre de personnes peu recommandables viennent s’y installer le temps de se faire oublier. Tout change en 1963 lorsque la France du Général de Gaulle et le Commissariat à l’énergie atomique octroient à la région le centre de Cadarache ; fleuron de la recherche nucléaire et pourvoyeur de quelques 6000 emplois directs. La population de pertuis double en trente ans.

Je n’ai jamais aimé l’image que me renvoie Pertuis depuis que j’y suis né. Cette ville, grain de beauté au carrefour des cultures, est devenue au fil des âges comme une pustule au milieu d’une des plus belles régions du monde. Malgré la volonté et les efforts de quelques uns, c’est un gâchis monumental, un ramassis de rancœurs archaïques, de mauvaises gestions et un melting pot jamais assumé. Triste. Peut être même catastrophique depuis mars 2008 et l’élection de Roger Pellenc.

En tant que chef d’entreprise, je respecte son succès. Mais l’homme est un Jean-Jacques Castella, il se pique de politique comme l’autre de culture, mais n’en devient pas pour autant ridiculement attachant. Ses décisions stratégiques sont dénuées de vision à long terme et ne cherchent qu’à flatter la tranche troisième âge de son électorat, celle qui a depuis longtemps abandonnée de voir en Pertuis une ville ambitieuse sur le plan de la culture et de l’innovation.

J’ai ce matin reçu la lettre ouverte de Daniel Dahl (cliquez sur le liens pour ouvrir le document en format PDF), ancien directeur de l’école de Musique Intercommunale du Sud Luberon, institution aujourd’hui branlante dans laquelle j’ai passé bien plus que de très nombreuses heures de mon enfance et de mon adolescence. J’en ai presque pleuré.

Les fait en brefs : sous prétexte d’économies, Roger Pellenc et son conseil municipal décident une profonde refonte de l’école de musique, afin que celle-ci devienne municipale et non plus intercommunale ; Pertuis étant la plus grande ville du sud Luberon, elle finançait la grande majorité du budget. Par un certain nombre de manœuvres, le travail de plusieurs années d’une équipe soudée s’est écroulé, les subventions coupées, le directeur viré comme un coach de foot dont les résultats ne coïncident pas avec les attentes populaires, les plus opportunistes se ralliant à la cause du nouveau berger. Je ne leur en veux même pas.

Il faut que cela se sache ; Roger Pellenc est une huile dans les deux sens du terme, marseillais d’abord ; un élu enguirlandé qui se pavane, au sens propre ensuite ; sa communication glisse sur tout support et laisse une impression poisseuse de mauvaise fois. On dirait du Lefebvre, ça pue le Sarkozy. Il élude les questions gênantes pour insister sur des points futiles, installe des cameras de surveillance dans les rues, une pour trois cent habitants.

Si les Pertuisiens sont d’accord avec tout ça alors moi aussi je dis halte à tout.

Je ne crois pas être prêt à rentrer en France de sitôt.

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Comments

3 Responses to “Le prix de l’absence de culture, Pertuis 84120”

  1. Marie
    janvier 5th, 2010 @ 4 h 04 min

    Post très juste simon…
    et moi non plus je ne suis pas prête à rentrer en France et à pertuis de sitôt quand on voit ce qui s’y passe.
    Dommage…

  2. vauclusien
    janvier 5th, 2010 @ 13 h 55 min

    Moi je suis pas d’accord Monsieur Talvard.Votre discours est tellement CON ! restez la bas vu que vous avez du fric pour être aux States vous connaissez pas la galere pour essayer de vivre VOUS !
    Raz le bol de ses Bourges qui sont bon qu’a critiqué et qui sont même pas sur le terrain (c’est a dire pertuis!).Il y a des initiatives innovantes , des associations qui veulent réussir à Pertuis (concernant la Culture, Le sport ou L’emploi..) Et Mr Pellenc à toujours soutenu et aidé ses initiatives.
    Bon allez, vous allez juste revenir juste pour le soleil l’été prochain revoir par exemple votre piscine vu sur le Luberon avec quelques filles faciles etc..
    Pauvre Mentalité !

  3. simon
    janvier 8th, 2010 @ 4 h 31 min

    Ah enfin un avis contraire! Il est le bienvenue ici.

    Monsieur “Vauclusien” à l’identité si courageusement révélée, donnez nous donc des exemples des apports de Monsieur Pellenc à Pertuis. Sa gestion des cas Mots à Mots et École Intercommunale de Musique du Sud Luberon ne sont ils pas scandaleux?

    Au sujet de ma piscine, je préfère sur Pertuis une vue sur la plaine de Durance. Allez, des qu’il aura les moyens, le bourge en fera construire une chez sa maman. Pour les filles faciles on verra, mais merci du conseil!