Léo Apotheker quitte SAP
Posted on | février 8, 2010 |
Grand changement pour SAP cette semaine, qui heurte mon petit écosystème. Le PDG Léo Apotheker a été débarqué par le conseil de surveillance. Il se trouve que j’avais rencontré ce francophile polyglotte à Aix en Provence en juin 2007. Avec Jean-Marie Descarpentries, administrateur d’SAP France et ancien chef d’entreprise, il m’avait aidé à obtenir un stage au bureau de New York.
Il est un de mes grands modèles, de ceux qui paraissent indestructible.
Seulement mon impression aujourd’hui, c’est que « Dieu est descendu de son nuage pour remettre un peu d’ordre sur terre ». Hasso Plattner, cofondateur d’SAP et directeur du conseil de surveillance depuis sa « retraite » en 2003 l’a d’ailleurs affirmé au début de la conférence officielle ou il faisait des blagues en allemand, et qu’on lui demandait de passer a l’anglais : « I am still the chairman ».
Je peux me tromper, mais s’il fallait que je résume cette conférence en une phrase, je dirais « Léo a été renvoyé car il n’orientait pas assez la stratégie de l’entreprise vers les marchés porteurs : les logiciels de de gestion pour petites entreprises ».
Le mécontentement des actionnaires, quelques problèmes de communications internes après les réductions d’effectifs, les bénéfices en baisse en 2009 et des divergences évidentes entre les deux titans Hasso et Léo complètent le tableau…
Denis Howlett, se faisant l’écho d’Hasso, parle de « reconstruire la confiance » comme objectif numéro un.
Atmosphère tendue donc ; une femme a posé une question qui cristallise les tensions : « au départ de Shai Agassi, vous nous aviez promis du changement, nous n’avons riens vu. Pourquoi devrait-on vous croire aujourd’hui ? ».
Ce que je trouve prometteur dans ce virage, c’est que SAP revienne a une direction bicéphale, sous le nuage du conseil de surveillance : Jim Snabe, européen et au discours précis attaché aux produits et aux ingénieurs et Bill McDermott, américain très commercial, proche du terrain et des marketers sont donc désormais co-CEO. Pour une entreprise caractérisée par sa double origine (allemande mais née d’une bouture de l’américain IBM), c’est presque indispensable.
De grands changements annoncés donc, mais sous l’ombre de la montagne qui s’ébroue, je ne sais toujours pas ou je serais après le mois d’octobre. Je continue d’observer, de remplir mes calepins. Ma première boite est décidément passionnante en plus d’être incroyablement attachante. Je fais des paris, des prévisions, mais de la a dire comme Henri Isaac que SAP et Microsoft fusionneront dans le futur il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas.
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